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 Le vol des Harpies

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Le Silure

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Date d'inscription : 29/11/2008

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MessageSujet: Le vol des Harpies   Sam 7 Fév - 23:34

Le vol des Harpies


La jument alezane de Jehan s'ébroua soudainement, ce qui n'adoucit pas l'humeur massacrante du sergent.
Le tonnerre roulait sur un ciel noir et la pluie tombaient en rideau sur la route de graviers, couvrant le vacarme de la caravane de marchands.

-Tout doux ! Tout doux ! hurla Jehan à l'attelage qui tirait la lourde charrette chargée de denrées précieuses, ce qui n'eut pas pour effet de rassurer les animaux.

La pluie tambourinant sur son casque de fer depuis déjà plusieurs heures, il sentit une migraine monstrueuse lui monter à la tête. La nervosité apparente de son attelage n'arrangeait rien. Avec un grognement, il saisit son fouet et le fit claquer dans l'air. Un coup pour rien, mais les chevaux reprirent une allure convenable, rattrapant les deux charrettes en tête de file.
Plus que deux jours de route, et il pourrait enfin revoir sa famille, après plus de six mois d'absence passés loin de sa femme et de sa fille. Comme elle devait avoir grandi.
Soudain morose à la vue du paysage désertique s'étendant à perte de vue, il soupira bruyamment, comme pour couvrir le vacarme de la pluie torrentielle.
Il s'estima tout de même heureux de ne pas avoir à marcher.
Sous la pluie, les gardes et les quelques mercenaires recrutés en cours de route paraissaient misérables. Trempés et glacés jusqu'aux os, leurs capuches étaient rabattues sur leurs visages maussades et ils cheminaient péniblement aux cotés des lourds chariots.

Les chevaux s'agitèrent de nouveau, cette fois sous l'effet de l'éclat lumineux d'un éclair zébrant le ciel drapé de nuages noirs.
Puis ce fut autour des hommes de se montrer nerveux. Certains tendaient l'oreille alors que les autres lançaient des regards inquiets autour d'eux.
Ils comprirent avant Jehan que la note monocorde qui sonnait était celle du cor d'alarme. On attaquait la caravane !
Le sergent fit passer le fouet dans sa main gauche et saisit sa hachette dans la droite, attendant le plus calmement possible, tandis que les hommes d'armes se précipitaient vers l'arrière du convoi en courant, hurlant des ordres incompréhensibles aux autres.
Jehan fit claquer les rênes, incitant son attelage à accélérer.
De plus en plus d'éclairs frappaient le sol alentours. Le vent soufflait en violentes rafales, projetant eau, poussière et graviers au visage de ceux qui continuaient à avancer.
Tendant l'oreille malgré le tumulte ambiant, Jehan perçut les cris de ses camarades. Prenant son courage à une main, sa hache dans l'autre, il sauta de la caravane au secours de ses subordonnés.
L'arme haute, avec un hurlement vengeur, il se précipita dans la mêlée, pour n'apercevoir que des cors désarticulés gisant morts à terre.
Les chevaux étaient dans le même état. Un mercenaire cracha une gerbe de sang en tentant de se mettre sur le dos.
L'esprit concentré sur le carnage ambiant, incompréhensif, Jehan se précipita à son secours. Son thorax avait été perforé très profondément, sans lui laisser aucune chance de survie.

-Ha...Harpies, réussit-il à articuler clairement, au prix d'un effort surhumain, sa voix se perdant dans le flot de sang qui sortaient en cascade de sa bouche.

Tremblant, Jehan ne prit pas le temps de soulager les souffrances du malheureux et détala à toute vitesse vers l'avant du convoi, la peur lui donnant des ailes.
Dépassant son chariot, il s'arrêta au deuxième de la file et hurla :

-HARPIES ! ELLES NOUS ATTAQUENT !

Le conducteur saisit aussitôt son arme, mais il était déjà trop tard. Un tonneau cerclé de fer s'écrasa sur sa tête, la broyant sur le coup. De surprise, Jehan tomba à la renverse, avant de voir des points noir descendre du ciel, tournoyant comme des vautours autour de leur proie .
La peau pâle, contrastant avec les larges ailes au plumage sombre leur sortant du dos, les harpies se regroupaient pour la curée.
Agissant en duo parfaitement synchronisé, elles éventrèrent les chevaux avant même qu'ils ne puissent faire un pas en avant.
Elles étaient une dizaine, tout au plus. Le buste nu, les armes au clair, elles se posèrent gracieusement au sol, tandis que Jehan, caché derrière un rocher, observait d'un œil aussi effrayé que fasciné la scène dans ses moindres détails.
Celle qui semblait être la chef, aux cheveux aussi noirs que ses plumes, décapita proprement le dernier garde et prit pied sur le chariot de tête, disparut un instant de la vision de Jehan pour réapparaitre une énorme barrique de vin sous le bras, affichant un sourire de triomphe.

-Ce soir, on boit du vin à volonté ! Hurla l'une d'entre elle.

D'une seule voix, le reste de la bande se répandit en cris de joie en anticipation du festin à venir. Un sourire mauvais fixé sur les lèvres, la meneuse brandit la main pour forcer sa troupe à se taire.

-D'abord, on finit ce qu'on a commencé, fit-elle en passant sa langue sur ses lèvres, regardant étrangement dans la direction de Jehan. Il comprit quand leurs regards se croisèrent.
La peur activant ses moindres muscles, Jehan détala bien plus vite que la première fois, poussé par la volonté inébranlable de survivre à tout prix.
Il n'avait pas fait trente mètres qu'une main le saisit par les cheveux et le propulsa vers l'avant, envoyant son visage rencontrer les roches. Péniblement, il se releva, haletant, tremblant comme une feuille.

Debout devant lui, ses pieds nus touchant sol, ses ailes de corbeau battant faiblement, la chef des harpies s'appuyait sur une longue et fine épée à la lame effilée comme celle d'un rasoir.
L'œil droit barré par une énorme cicatrice qui s'étendait jusqu'à sa nuque dénudée, la créature, si sensuelle avait de quoi alimenter ses rêves et ses cauchemars pour l'éternité

-Sache que je suis Melidryss la Noire. Et que personne ne m'échappe, humain.

En un clin d'œil, Jehan se retrouva à terre, du sang s'écoulant de son torse. Un battement d'ailes plus tard, les battements de son cœur s'arrêtèrent, et il ne vit plus que des plumes noires danser devant ses yeux pour finalement...

By Le Silure.
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